Sources : FTSE Russell et Bloomberg
Les principaux irritants pour les marchés des capitaux demeurent l’inflation élevée et persistante, les réactions des banques centrales à cette inflation ainsi que son incidence sur la croissance économique. L’anticipation du cycle de hausse des taux d’intérêt le plus vigoureux depuis 1994 et le resserrement des conditions financières qui y est associé nuisent déjà considérablement aux marchés et risquent de continuer à peser dans les prochains trimestres. Pour l’essentiel du premier semestre, les investisseurs étaient surtout inquiets qu’une croissance positive mais ralentie soit combinée à une inflation persistante. Ce cocktail douloureux a causé des dommages dans presque toutes les catégories d’actif, ce qui n’a laissé pratiquement aucun refuge. Les investisseurs ont rapidement changé d’humeur au cours des dernières semaines, comme en témoigne l’aller-retour du rendement des obligations d’État, pour rediriger leur inquiétude vers la probabilité d’une récession. Selon eux, le risque que le resserrement exercé par les banques centrales cause d’importants dégâts économiques a considérablement augmenté; l’accélération de la chute des marchés boursiers en est l’illustration. S’il y a un aspect le moindrement positif du récent changement d’humeur, c’est la remontée des rendements obligataires. La croissance négative et le ralentissement de l’inflation habituellement associés à une récession sont bénéfiques pour bien peu de catégories d’actif, mais les obligations d’État devraient faire bonne figure dans ces circonstances. Le portefeuille équilibré traditionnel « 60/40 » devrait aussi mieux s’en tirer que depuis le début de 2022.
À la suite de toutes ces turbulences en juin, le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans, qui constitue un bon baromètre, a inscrit un gain modeste de 3,02 %, soit 17 pdb sur un mois. Depuis le début de l’année, il a augmenté de 152 pdb. Rappelons qu’il n’a gagné que 60 pdb au total l’an dernier. Au Canada, le rendement des obligations du gouvernement du Canada à 10 ans a monté de 33 pdb durant le mois pour atteindre 3,22 % et de 179 points de base jusqu’ici cette année. Le marché canadien a donc moins bien fait que son homologue américain en juin, mais aussi durant la première moitié de l’année dans son ensemble.
Sur une base mensuelle et annuelle cumulative, les obligations fédérales canadiennes ont respectivement cédé 1,75 et 9,47 %, tandis que l’indice des obligations universelles a reculé de 2,18 et de 12,23 %. Là encore, il s’agit d’une des pires périodes depuis le début des années 1980. Ainsi, les rendements sur un an se sont enfoncés encore davantage dans le rouge, s’inscrivant à -9,18 et à -11,39 %, dans l’ordre. En juin, les obligations de sociétés ont légèrement mieux fait que leurs homologues d’État, déclinant de 1,53 % pendant le mois, de 10,97 % en cumul annuel et de 10,13 % sur un an. Dotées d’une durée à l’échéance moyenne plus longue, les obligations provinciales ont continué d’enregistrer les plus faibles rendements en moyenne, régressant de 3,10 % au cours du mois, de 15,62 % en cumul annuel et de 14,32 % sur un an.
Marchés des taux
Après avoir planchonné à 2,74 % l’avant-dernier jour du mois de mai, le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans, qui sert de repère, a fortement augmenté dans la première moitié du mois de juin pour atteindre 3,50 %, un sommet depuis 2018. Il a toutefois rapidement décliné pour ensuite se redresser et terminer le mois juste au-dessus de 3 %. Après avoir chuté au début de juillet, il se situait à nouveau près de la barre de 3 % au moment d’écrire ces lignes. La volatilité du marché obligataire est demeurée élevée du point de vue historique et s’approche des sommets atteints lors de la pandémie (Graphique 3).
Graphique 3