Sources : ICE BofAML et Bloomberg
Comme nous l’avons souligné, les banques centrales partout dans le monde entendent prendre des mesures plus musclées pour resserrer la politique monétaire et diminuer la liquidité du système financier. Cette méthode dure pourrait mettre des bâtons dans les roues des actifs risqués. Elle accroit également le risque que les banques centrales commettent une erreur en serrant la vis trop fort et trop vite. Il ne s’agit pas de notre scénario de base. Toutefois, nous croyons que l’incertitude entourant le retrait des mesures de relance donnera lieu à une plus grande fluctuation des primes de risque cette année. Malgré ces risques et la volatilité accrue des écarts qui est attendue, nous croyons que les fondamentaux de l’économie et du crédit resteront favorables au cours des deux à trois prochains trimestres, l’activité économique et les bénéfices jouissant d’un solide soutien dans l’ensemble. Vers la fin de l’année toutefois, la croissance devrait ralentir. Les indicateurs avancés, comme les indices des gestionnaires d’approvisionnement, se sont déjà renversés, et les marges tout comme les bénéfices feront face à des vents contraires à la fin de 2022. Les facteurs techniques, comme la dynamique de l’offre et de la demande, devraient s’avérer moins favorables sur les marchés du crédit alors que les nouvelles émissions demeurent élevées par rapport au passé et que des sorties de capitaux hors de la catégorie d’actif pourraient avoir lieu. Étant donné que l’écart de crédit s’est élargi au cours des trois derniers mois, les évaluations sont plus attrayantes. Cela dit, elles se situent encore dans le bas de leur fourchette historique et n’ont donc pas atteint un niveau qui justifierait que nous augmentions plus fermement notre participation. En général, l’équilibre des risques demeure raisonnablement avantageux à court terme, ce qui devrait permettre aux obligations de sociétés de générer des rendements excédentaires dans les deux à trois prochains trimestres grâce à leurs revenus d’intérêts supérieurs.
En ce qui concerne les primes de risque, les écarts des obligations des sociétés canadiennes de qualité sont demeurés relativement stables en janvier, puis se sont élargis au début de février, passant de 112 à 116 pdb. Ils avaient touché un creux à la fin de novembre, à 99 pdb. Par ailleurs, après s’être élargis à la fin novembre avec l’arrivée du variant Omicron, les écarts de crédit des obligations américaines de qualité se sont légèrement améliorés en décembre. Ils ont rétréci de 5 pdb pour s’établir à 95 pdb. Ils ont crû en janvier, passant de 95 pdb à 107 pdb en janvier, après avoir atteint un plancher de 82 pdb au quatrième trimestre. Par conséquent, les obligations canadiennes de qualité ont rapporté un peu plus que leurs homologues américaines dans le récent contexte d’élargissement des écarts.
Les obligations de sociétés canadiennes de qualité ont reculé de 2,42 % en janvier, résultat un peu inférieur à celui des obligations d’État. Sur douze mois, elles ont cédé 3,21 %. Dans l’ensemble, elles ont dégagé un rendement excédentaire négatif (-15 pdb) par rapport aux obligations gouvernementales en janvier. Les obligations de sociétés américaines de qualité ont décliné de 3,13 % sur un mois et de 2,86 % durant l’année. Sur douze mois, les obligations de sociétés tant canadiennes qu’américaines ont inscrit de solides rendements excédentaires de 109 et 39 pdb, dans l’ordre. Les obligations américaines à haut rendement, qui présentent un risque de crédit supérieur, mais un risque de taux d’intérêt inférieur, ont fait mieux que celles de grande qualité sur un mois et beaucoup mieux sur un an. Elles ont reculé de 2,75 % durant le mois, mais avancé de 2,08 % sur douze mois. Elles ont ainsi généré un rendement excédentaire de -1,52 % et de 4,38 % sur un mois et sur un an, dans l’ordre.
À brève échéance, nous restons optimistes et conservons notre surpondération à l’égard des marchés du crédit, notamment des titres de sociétés de qualité. La reprise de l’économie continuera probablement à pousser le produit intérieur brut au-delà de son potentiel dans la première moitié de 2022. Plus tard dans l’année cependant, la croissance devrait ralentir. Elle ne pourra plus soutenir autant les marchés du crédit au deuxième semestre. Les fondamentaux ascendants du crédit s’améliorent, mais nous surveillerons encore de près le comportement des dirigeants afin de déceler toute intensification des activités favorables aux actionnaires, comme les fusions-acquisitions et les rachats d’actions. Nous examinerons aussi les prix et les pressions sur les marges de profit pour voir si les perspectives de bénéfices risquent de se détériorer. Dans ce contexte, les rendements excédentaires découleront principalement des revenus en intérêts et moins d’une nouvelle compression des écarts. Ils devraient malgré tout demeurer positifs, au moins durant les deux à trois prochains trimestres.
Positionnement sur les marchés du crédit : i) nous maintenons une forte présence dans les obligations de sociétés; ii) nous continuons à privilégier les émissions de qualité plutôt qu’à haut rendement et, au sein des titres de qualité, nous favorisons les positions plus défensives; iii) nous surpondérons le Canada et sous-pondérons les États-Unis.